Le tribunal d’inquisition…

Soupirs. Je débute ce texte en soupirant. Depuis que je tente d’établir la communication avec la population québécoise sur les réseaux sociaux, au travers des insultes et des questions que l’on peut retrouver un peu partout dans les commentaires, il y a aussi un véritable tribunal de  l’inquisition.  Et j’exagère à peine!

À en écouter certains, je devrais justifier chaque petit détail de ma foi ou chaque détail qui les intéresse. M’expliquer, me justifier, prouver. Apporte-nous des preuves! Pourquoi? Personnellement je porte le niqab par soucis d’authenticité. Je le dis et le répète encore, si vous cherchez bien dans les hadiths, les deux manières de se voiler sont décrites, à maintes reprises. On parle du « corbeau » que les femmes des ansars (les premiers croyants) avaient sur la tête. On parle aussi d’Aïsha, une des épouses du prophète qui entre autre devait dévoiler son visage pour faire le pèlerinage ou encore quand elle se reposait sous un arbre et qu’un homme a reconnu son visage car il l’avait vu avant qu’elle ne se mette à le couvrir. Que vous soyez d’accord ou non, ces preuves existent, une petite recherche vous le démontrera.

Ce que je trouve absurde, c’est de devoir me justifier. Comme si je devais rendre des comptes! À qui? Et pourquoi? J’aimerais bien le savoir! Répondre à une question, c’est avec plaisir que je le fais. Mais c’est un peu moins invitant à communiquer quand j’ai l’impression de me faire « cuisiner ». Il faudrait rappeler à certains que la période de l’inquisition est loin derrière nous.

Je suis un individu. Une personne. Une simple femme. Je ne suis pas ma religion, je ne suis pas ma communauté, je ne connais aucun de ces fous de Dieu qui font vivre la planète entière dans la terreur. Je n’ai jamais rencontré le prophète Mohammed, je ne peux donc le questionner sur l’âge de ses épouses, ses relations avec elles ou encore ce qu’il pensait des non musulmans. Je n’étais pas sur place il y a quatorze siècles. Je ne vis pas en Arabie Saoudite non plus et je n’y vivrai jamais. Je suis canadienne, québécoise, montréalaise. Et musulmane.  Je ne sais rien de plus que les autres, je ne détiens aucun secret et je n’ai surtout pas la science infuse. Ce qui m’énerve royalement, ce sont les musulmans qui se montrent contre productifs en associant le niqab à un effet sectaire et tous ces autres qui se sentent en position d’autorité et qui pensent que j’ai des comptes à leur rendre. Je ne fais pas partie d’une secte, en fait, je ne fais partie d’aucun mouvement.

Quand on me parle de toutes ces femmes aux droits brimés, voilées de force et prisonnières de leur condition féminine, j’ai une pensée pour ces femmes. Je voudrais sincèrement que chaque femme (en fait chaque individu) puisse vivre sa vie en accord avec sa propre conscience et non pas dans des conditions imposées de force. Ça me fait mal au cœur quand on m’accuse de m’en foutre puisque je persiste à porter mon voile. Posez-vous un peu la question. Est-ce que le fait d’enlever mon voile va changer quelque chose à leur situation? Est-ce que vous vous forcez à terminer votre assiette en solidarité avec tous ceux qui souffrent de la faim dans le monde? Est-ce que vous prenez la peine de consulter les étiquettes des vêtements avant de les acheter pour ne pas encourager le travail des enfants? Pratiquez-vous le boycott? Est-ce que chaque fois que vous croisez un sans-abri, vous vous arrêtez pour l’inviter au restaurant ou lui offrir de l’argent? Quand un tireur fou de type caucasien sème la mort dans une école, une église ou encore tire dans une foule comme on a vu à Vegas dernièrement, devez-vous vous justifier et vous dissocier d’eux car blancs et athées/chrétiens comme vous?

Sincèrement. Répondez-moi. Et comment le prendriez-vous si je me présentais à vous et que je décidais de scruter à la loupe votre vie, vos pensées, vos conscience tout en exigeant des explications et d’en exiger encore et encore tant que votre réponse ne me plait pas, vous le prendriez comment?

Je n’ai aucun pouvoir sur ce qui se passe en-dehors de ce qui concerne ma petite personne.

Comme vous…

Paix.

 

 

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