Parce que la vie vaut la peine d’être vécue…

Alors que j’entame ce texte, je pense à toi Mathieu, que l’on recherche un peu partout au Québec. Hier (mardi 10 septembre) tu nous as tous jetés en bas de notre chaise avec le message d’adieu, l’appel à l’aide que tu as publié sur ton compte Facebook.

Moi qui ne te connais que très peu, je me suis tout de suite inquiétée et j’ai vite vu que je n’étais pas la seule à me faire un sang d’encre. Refusant d’accepter mon impuissance, j’ai composé le 911 pour signaler ta disparition, même si je n’avais que ton nom comme information. Deux policières se sont rapidement présentées chez moi pour démarrer leur enquête. J’ai pu les voir à l’oeuvre et au fil de la collecte d’informations, j’ai eu l’espoir qu’on te retrouve rapidement. Les deux policières sont parties après m’avoir promis de me téléphoner quand on t’aura retrouvé. J’ai même laissé un message à la radio pour toi, au cas où tu aurais entendu… J’ai dormi près de mon téléphone mais malheureusement à mon réveil, je n’avais toujours pas de nouvelles de toi. Et je n’en suis que plus inquiète.

Tu sais Mathieu, je suis bien placée pour savoir combien la vie peut être difficile. Le désespoir, je ne l’ai que trop bien connu. Des cris de désespoir, j’en ai lancé. Je peux même de dire qu’il est arrivé deux fois que la police intervienne à la demande d’amis suite à des appels au secours que j’ai lancés en ligne. Sur le coup j’étais en colère et même humiliée. Mais aujourd’hui je suis reconnaissante d’être en vie.

J’ai vécu une succession d’épreuves, de quoi en perdre la tête, qui m’ont fait penser qu’il n’y avait plus d’issue possible, aucune solution. Et comme on dit en bon québécois, ça ne me lâchait pas. J’avais beau avoir foi en Dieu, le gros nuage noir qui flottait au-dessus de ma tête m’embrouillait tellement que même ma foi en avait perdu sa saveur. J’ai même pensé que Dieu m’avait abandonnée… Mais c’était faux, cher ami.

Moi qui ai pensé qu’il n’y aurait rien de bon qui m’attendait dans cette vie, je me suis trompée. Tout (ou presque) de ce que je pensais que je n’aurai jamais dans ma vie, je le vis présentement. Moi qui pensais avoir tout vu, je m’étonne encore quand la vie me surprend et ce même si je vis avec une souffrance physique constante. C’est vrai qu’il y a des moments où la douleur cherche à reprendre le dessus sur le reste, mais j’ai appris à être plus forte qu’elle depuis le jour où j’ai compris que c’était moi qui avais le pouvoir de laisser tel ou tel élément avoir un impact sur ma vie ou moi. Et tu sais ce qui m’aide à être forte? Oui, il y a ma foi, mais il y a aussi mon entourage. Mes amis et mes proches m’ont appris que quand on ose parler, on n’est jamais seul. Quand ça ne va pas, l’isolement est ton pire ennemi.

Alors voilà Mathieu, au moment où j’écris ces quelques mots, je n’ai aucune idée d’où tu te trouves ni dans quel état tu es. Mais je pense à toi, je m’inquiète pour toi et je sais que je ne suis pas la seule. Accepte l’une des nombreuses mains qui se sont tendues pour t’offrir de l’aide. Et si tu n’oses pas nous contacter, ta famille, tes amis ou moi alors manifeste-toi autrement, je t’en supplie. Si tu ne veux pas contacter la police alors appelle SAM. Juste manifeste-toi. Il y a des gens qui t’aiment et qui ont besoin de toi dans leur vie.

***Pour toute personne qui lit ce billet et qui vit des moments difficiles, il existe de l’aide. Suicide Action Montréal est un organisme bien connu et formé pour vous accompagner dans vos moments difficiles. Ils disposent d’écoute et de ressources pour vous aider. Un appel qui pourrait changer votre vie.

Partout au Québec, vous pouvez composer le 1-866-APPELLE (277-3553) ou vous pouvez consulter leur site: suicideactionmontreal.org

 

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