#MeToo

J’avais 3 ans et F m’a présenté ça comme un jeu.
J’avais 8 ans et je pensais que c’était normal pour se faire accepter dans ce nouveau pensionnat de se laisser toucher par J-G.
J’avais 9 ans et je voulais ton amitié, toi J-S qui étais plus grand que moi.
J’avais 13 ans et G m’as forcée à prouver mon amour. Avec son ami qui bloquait la porte derrière.
J’avais 15 ans. D m’a étranglée et fait son affaire, me laissant sur le carrelage et partant comme si de rien n’était.
J’avais 16 ans quand X a mis quelque chose dans mon verre.
J’avais 16 ans et ça excitait T de m’humilier devant ses amis.
J’avais 19 ans et (je vais dire son pseudo) Lacrasse m’a laissée à moitié morte, le visage et la gorge ensanglantés.
J’avais 23 ans, je voulais être une bonne musulmane et ne pas pécher et T.B. m’a dit d’arrêter mes conneries en me prenant ce qu’il voulait.

Et les autres que je me suis efforcée d’oublier…

À moi aussi ça m’est arrivé. Je suis sidérée de voir le nombre de femmes qui osent enfin parler. Personnellement, j’en ai toujours parlé autour de moi. même si je n’ai jamais trouvé la force d’aller voir la police. Je n’ai jamais laissé la loi du silence avoir de l’emprise sur moi pour autant. Tout comme j’ai tôt pris la décision de ne pas laisser ces agressions me faire vivre dans la peur. Mais aujourd’hui quand je vois l’impact de quelques dénonciations qui ont mené à une pluie d’autres dénonciations, que dis-je, un tsunami, je me dis que peut-être si je le nomme haut et fort, une autre femme trouvera peut-être le courage de se sortir de l’isolement.

Car nous les femmes ne réagissons pas toujours de la même manière face à une agression. J’ai eu la chance de trouver la force de m’en relever rapidement. De ne pas laisser cela me détruire ni affecter la femme en moi ou encore nuire à ma sexualité. Mais ce ne sont pas toutes les femmes qui y arrivent. Pour certaines les dégâts sont énormes et elles voient leur vie se transformer en cauchemar. Elles ont peur, elles ont honte. « Qu’est-ce que tu portais? Il était quelle heure? Tu étais seule avec lui? Oui mais dans le passé tu lui avais déjà dit oui… ». Ces questions, culpabilisantes au maximum, toutes les victimes ont peur de les entendre et avec raison car elles se posent allègrement sans égard pour ce qu’a vécu la victime. Rien n’excusera jamais une agression. Non c’est non, peu importe le contexte, peu importe que vous ayez déjà dit oui avant.

Il faut briser le silence une fois pour toutes, pour que cesse cette fameuse culture du viol que tout le monde nie mais que tant de femmes vivent. Parce que chaque victime, c’est une victime de trop. Unissons-nous.

Voilà c’est dit.

Paix.

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