Es-tu déçue que je ne porte pas le voile?

Je ne ferai pas un long billet sur le sujet, j’y reviendrai une autre fois j’espère. Mais je voulais vous partager une anecdote et une part de réflexion.

Hier soir, mon mari et moi sommes allés chez une amie que j’ai connue par Facebook pour lui donner un petit coup de main en installant son climatiseur. La sœur chez qui nous nous sommes rendus, ne porte pas le voile.

Après notre visite, elle m’a écrit pour me dire qu’elle espérait que je ne sois pas déçue qu’elle ne porte pas le voile.

déçue

Je peux comprendre pourquoi elle a eu cette crainte que je la juge. Car malheureusement, beaucoup de gens se permettent de juger la vie et les choix des autres. Autant au sein de notre communauté qu’en dehors, il n’y a pas de monopole en la matière.

Je lui ai répondu que je n’avais pas à être déçue ou à avoir d’attentes face à elle. Bien entendu, de comment je comprends ma religion, le voile est obligatoire. Mais je l’ai dit dans d’autres textes, entrevues et vidéos, je suis pour le libre choix. Je n’ai pas à imposer mes choix aux autres, tout comme les autres n’ont pas à m’imposer leurs choix. Surtout quand il est question de conscience.

Si on passe notre temps à se juger entre nous, avancerons-nous? Non, au contraire, on risque de régresser. On ne gagne rien à juger l’autre. Ça ne nous rend ni plus fort, ni plus intelligent, encore moins meilleur. Et surtout pas humble. Et pourtant, quand je vois le comportement que le musulman devrait avoir, je vois en tout de l’humilité.

Je ne dis pas que l’on ne doit pas se soucier de l’autre. Mais je trouve que l’on se permet beaucoup d’invasions dans la vie privée et la spiritualité des gens. Moi, personne ne m’a enjointe à me convertir ou forcée de me voiler. J’ai suivi ma propre route qui m’a menée à ce résultat. Mais d’autres personnes ont d’autres routes, d’autres histoires, d’autres choix. Forcer une personne à faire quelque chose, dans ce cas-ci à se voiler, ne fera pas en sorte que la personne s’y pliera par convictions. On ne peut forcer un cœur à aimer, on ne peut forcer une personne à croire, que ce soit en quelque chose, que ce soit que telle ou telle chose soit bonne pour elle/lui.

De plus, si on se met à avoir des attentes envers les gens, c’est comme si on se permettait d’être leur patron. Or ce n’est pas le cas. Bien entendu on doit s’attendre au respect. Mais ce que je veux dire c’est que les autres n’ont pas à se conformer à nos idéaux. Peu importe le sujet, il n’est pas ici juste question du voile ou de religion.

Les gens autour de moi n’ont pas à se conformer à mon style vestimentaire ou mon idéologie spirituelle. Pour faire partie de mon cercle, il n’est pas obligatoire d’être musulmane et voilée. Et je n’accorde pas un degré d’importance aux gens selon s’ils sont musulmans ou non, pratiquants ou non.

On va se le dire, il y a des personnes qui font partie de ma communauté que j’apprécie moins, avec qui je ne m’entends pas ou dont je n’apprécie pas le discours. Tout comme il y a pas mal aussi de gens de ma communauté qui n’apprécient pas non plus ni mes choix ni mes démarches. Tout comme aussi il y a des personnes extérieures à ma communauté religieuse que j’apprécie énormément, que je considère comme essentielles dans ma vie. Et ces derniers n’ont pas du tout un mode de vie en accord avec mes convictions. Mais on se rejoint autrement, par nos valeurs humanistes et inclusives, par exemple.

Plusieurs journalistes m’ont demandé ce que je pensais des femmes musulmanes qui ne portaient pas le niqab ou alors pas de voile du tout. Venant d’une personne extérieure à la communauté, je peux comprendre que cette question puisse leur effleurer l’esprit.

Mais qu’une femme musulmane me pose cette question, ça confirme en moi-même qu’on a un sérieux problème entre nous.

Bien entendu, condamner le blâmable et enjoindre au bien est important. Mais le respect aussi est important. Et ce que je trouve dommage, c’est que les gens qui se permettent de juger l’autre, qui se permettent de jauger la piété de l’autre, sont les premiers qui devraient faire une introspection et se demander si le fait de juger l’autre gratuitement sans se regarder les rend meilleurs. Se poser la question, c’est y répondre…

À très bientôt,

 

Paix.

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