Antiracisme: l’affront.

J’avais en tête d’écrire un billet sur un tout autre sujet mais à entendre ce que j’ai entendu la nuit dernière à la radio (tribune ouverte) et avec tous les commentaires que j’ai lus en ce sens, je me dois de m’adresser à vous sur ce sujet préalablement.

La fameuse manifestation de dimanche dernier. Belle réussite pour la cause antiraciste, belle excuse aussi pour «l’autre» (qui s’exclut du vrai «nous» commun) de nous tapocher dessus. Je m’explique.

Des gens de issus de tous les horizons se sont réunis lors d’une manifestation antiraciste, un événement annuel auquel je me souviens avoir participé l’an dernier. Ces gens qui se sont réunis, ce sont des gens qui en ont marre, qui sont fatigués de toujours devoir se battre, s’expliquer, se dissocier, se justifier d’être ceci ou de croire en cela. Des gens qui sont fatigués de faire partie des groupes les plus affectés par le chômage et diverses discriminations, individuelles ou systémiques. Des gens fatigués de se demander si on leur refusera un logement car le propriétaire n’aime pas la consonance de leur nom, le teint de leur peau, la texture de leurs cheveux, la présence de symbole religieux. Ou encore les commentaires, les regards, les insultes et parfois même les attaques physiques. Fatigués aussi d’être sous-représentés et surtout mal représentés dans nos médias, autant d’information que de divertissement.

Ces gens qui sont sortis dans la rue pour crier leur ras-le-bol étaient pour une grande majorité des gens qui ont CHOISI de venir ici. Pas comme nous qui sommes nés ici, donc d’ici par défaut, n’ayant personne le contrôle d’où il ou elle viendra au monde, fiers d’une chose que l’on n’a pas choisie. Quand j’entends parler de fierté québécoise, un genre de fierté peu inclusif, je me demande si ces gens se rendent compte de l’absurdité de la chose. Je pense qu’au lieu d’être fiers, nous devrions être reconnaissants. Car nous ne vivons pas dans un système qui nous pousse à chercher à voler de nos propres ailes loin de nos proches, loin de nos racines.

Quand j’entends certain.e.s dire et marteler «on les accueille, on paye pour eux, on les héberge, on les habille, on leur donne tout». Eh bien désolée de vous décevoir mes amis mais c’est inexact. La grande majorité des personnes issues de l’immigration qui vivent ici sont des immigrants économiques. Ils ont entamé des démarches légales, démarches qui coûtent cher. Ils ont été sélectionnés entre autre grâce à une évaluation financière pour s’assurer qu’ils pourront subvenir à leurs besoins à leur arrivée, le temps de trouver un emploi, d’avoir une situation. Une fois arrivés ici, ils ne sont pas pris en charge! Au mieux ils ont accès à des cours de français pour nouveaux arrivants, mais même encore là, pour venir au Québec, leur français est évalué. Petite nouvelle aussi, ayant rempli les formulaires d’immigration pour mon mari, les valeurs communes québécoises sont nommées et le candidat à l’immigration doit signer une déclaration d’engagement dans le formulaire de demande de Certificat de Sélection du Québec.

Mes poils se hérissent aussi quand j’entends les gens parler des immigrants comme des gens qui ont fuit guerre, non-droits de la personne et famine. Ça, c’est le cas des demandeurs d’asile, une faible proportion de l’immigration. Les immigrants économiques sont ici par choix. En pleine conscience de la diversité de notre société et des valeurs qu’elle véhicule.

Ces gens qui sont venus d’ailleurs sont venus dans une société multiculturelle, riche en diversité qu’elle soit ethnique, sexuelle ou religieuse. C’était en totale connaissance de cause. Le fait que notre chez-nous soit reconnu pour être accueillant et ouvert a fait en sorte que ceux qui veulent venir, jamais ils n’ont imaginé qu’il existe du racisme et de l’intolérance au sein de notre société. Vous imaginez leur surprise une fois qu’ils se retrouvent confrontés à un exemple concret d’intolérance?

Enfin, l’ultime point qui me fait réagir, c’est quand j’entends que cette manifestation est un affront à la population québécoise. Que ça ne se fait pas aller dans la rue pour traiter les québécois de racistes. Non mais quelle belle malhonnêteté intellectuelle! Personne n’a jamais dit que LE Québec est raciste! Dénoncer un problème d’intolérance ce n’est pas accuser tous et chacun en les mettant dans le même panier!

À bon entendeur,

Paix!

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