Arrestation: quand un commentaire atteint les limites de la liberté d’expression

En juin dernier, j’ai fait une vidéo sur ma page Facebook personnelle alors que je sortais du palais de justice de Montréal suite à une comparution dans le cadre de la contestation judiciaire de la loi 62.

Cette vidéo a été partagée de nombreuses fois et une dame a cru bon de faire à son tour une vidéo, s’adressant à moi, pour me dire le fond de sa pensée (rien de nouveau, que selon elle je fais régresser le statut de la femme au Québec et tout ce que nous sommes habitués d’entendre sur le sujet) et sous cette vidéo, dans la section des commentaires, une personne dont je tairai le nom a laissé plusieurs commentaires à connotation violente et menaçante dont un qui disait que «ça prend un autre Bissonnette» (l’auteur de l’acte terroriste dont ont été victimes les fidèles d’une mosquée de Québec le 29 janvier 2017).

Ces commentaires m’ont alertée et j’ai pris sur moi d’aller à mon poste de police de quartier pour signaler ces commentaires. L’agent qui était alors à l’accueil n’avait alors pas jugé bon de prendre ma plainte mais aujourd’hui, après avoir réussi à faire ouvrir une enquête, j’ai appris qu’une arrestation a eu lieu. Le prévenu a été libéré sous promesse de comparaître.

Il aurait soi-disant exprimé des regrets mais entre vous et moi je crois plutôt qu’il regrette d’avoir été arrêté car maintenant il doit faire face à des accusations au criminel.

Pourquoi je vous en parle? Parce qu’il est important de parler de la liberté d’expression et de ses limites. Il y a une marge entre une opinion et un propos criminel. Car oui, il y a des propos qui sont de nature criminelle. Et ce n’est aucunement une limitation à la liberté d’expression ou à la liberté d’opinion.

On peut ne pas être d’accord avec une personne ou une idée mais être en désaccord ne donne aucune supériorité à quiconque. Il faut tout de même savoir faire la différence entre le bien et le mal. Et oui, il y a des pensées qui sont mauvaises. Surtout quand elles impliquent des tueries de masse.

Et pourtant, pour ce commentaire, combien d’autres existent et circulent allègrement sur nos réseaux sociaux? Cela fait des années que cela dure. Et au fil du temps, je vois que la frustration et l’agressivité de certains groupes ne fait qu’augmenter. Et quand il arrive des événements comme maintenant avec l’arrestation d’un prévenu, la frustration ne fait qu’augmenter, d’une manière ou d’une autre.

On ne peut, logiquement, procéder à l’arrestation de chaque commentateur qui dépasse les limites. On se retrouverait rapidement avec une police de la pensée comme dans 1984 de George Orwell et je crois que personne ne veut de cela ici, dans notre beau Québec, là ce serait la fin de la liberté.

Resserrer les lois sur les discours haineux? Cela a déjà été fait et des mesures ont été prises mais les effectifs sont minimes devant une multitude de dossiers qui s’effacent et s’oublient sous la poussière. De plus, on arriverait rapidement au résultat que nous désirons éviter, la fin de la liberté d’expression.

Je pense donc que la seule solution, c’est d’apprendre les uns des autres. C’est le dialogue, l’échange. Rien d’autre n’en viendra à bout. Et le jour où collectivement nous accepterons ce fait, la moitié du travail sera fait pour arriver à une solution durable et qui bonifie notre vivre ensemble.

Vous désirez faire un geste dans le bon sens et investir dans le dialogue? Je vous invite à participer à cette campagne de financement qui a pour but de mettre sur pied une tournée de conférences dans les régions du Québec, histoire de nous donner une vraie chance de nous connaître et d’avancer enfin comme la belle société que nous étions jadis et qu’il est possible de retrouver.

Merci à vous de votre soutien, ensemble tout est possible.

Paix.

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