Quand une maladresse mène aux insultes…

Je viens de recevoir l’appel d’une femme que l’on pourrait dire issue de l’extrême-droite, même si elle dit que maintenant elle se rapproche doucement du centre, qui m’a raconté une anecdote qui lui est arrivée aujourd’hui et elle m’a donné la permission de vous en parler.
 
Elle a croisé une jeune femme musulmane portant le hijab avec un court manteau, un jeans moulant et l’on pouvait voir un peu de peau, entre le jeans et le manteau. Elle a pris sur elle de l’aborder. Elle avouera s’être montrée directe, mais je la crois sincère quand elle dit qu’elle n’était pas mal intentionnée.
 
Elle a demandé à la jeune femme voilée ce qui était pire, montrer ses cheveux ou montrer son (je dirai derrière mais elle a utilisé un autre mot qui s’écrit en trois lettres). Pour toute réponse, la jeune femme l’a traitée de salope.
On s’entend, en tant que femme non musulmane, il est légitime qu’elle se pose certaines questions concernant le voile. On s’entend aussi pour dire que malgré tout, la manière de demander n’était pas la meilleure, pour le dire poliment, même si ce n’était pas méchant de sa part. Ça me fait un peu penser à la fois où un jour alors que j’attendais l’autobus, une dame du troisième âge est venue à moi et sans dire un mot a soulevé mon niqab pour voir comment il tenait sur ma tête. Maladroit, déplacé, mais pas méchant.
On s’entend aussi pour dire que la jeune femme qui a reçu la question a pu penser que cette question n’était pas innocente, plutôt une insulte «voilée». On peut comprendre qu’elle se soit sentie mal à l’aise, voire attaquée. Mais est-ce que sa réponse était adéquate?
Je ne vous en parle pas pour vous donner une occasion de critiquer la jeune femme, elle est libre de s’habiller comme elle veut. Mais je tenais à vous en parler car cette scène illustre très bien ce que nous vivons en tant que société, au niveau du dialogue.
Cela démontre à la perfection, selon moi, cette maladresse dans laquelle nous nous embourbons depuis de trop nombreuses années.
Et si, quand nous nous retrouvons dans ce genre de situation nous prenions le temps de réfléchir aux mots que l’on utilise et ensuite prendre le temps de respirer avant de répondre? Comment peut-on nous comprendre les uns les autres si nous ne prenons pas le temps de nous écouter, si nous réagissons avant de réfléchir, si nous explosons à la moindre petite secousse émotionnelle?
J’aimerais bien que l’on y réfléchisse ensemble. Car il est grand temps de nous connecter les uns aux autres.
Paix.

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