Le Pacte de Marrakech: quand l’amour des siens passe par la haine des autres

J’ai, ces dernières semaines, pris un peu de recul dans mon observation de ce qui se dit du côté de la droite identitaire, sur Facebook. C’est lourd, c’est négatif et ahurissant de bêtise. N’empêche, avant même le lever du jour, je me suis attelée à rattraper mon retard.

Ce qui retient le plus l’attention ces jours-ci ce n’est pas le projet de loi sur la laïcité du gouvernement Legault, non. C’est plutôt le fameux Pacte de Marrakech qui fait jaser ou plutôt crier à la catastrophe. Attelez-vous mes amis, ça risque de brasser dans les prochains jours chez nos amis droitistes!

Je suis curieuse, sans rire, de savoir quelle moyenne nos amis de la droite identitaire avaient en compréhension de lecture dans leurs cours de français. Il est facile de trouver des informations sur le sujet. Et pourtant, à les écouter, les cavaliers de l’apocalypse sont sortis et le monde est sur le point de se dissoudre, le génocide culturel est amorcé (dans leur esprit).

Au-delà des données, au-delà de la signature qui se fera en début de semaine prochaine, au-delà de cette portion du peuple qui s’insurge devant ce fait, il y a la réalité.

Et la réalité est que nous vivons un point charnière de l’Histoire. Entre les inégalités et injustices sociales, les crises identitaires, les conflits armés, les crises alimentaires, le désœuvrement de millions de personnes et les inévitables changements climatiques, le monde change de plus en plus et de plus en plus vite. Et nous n’avons d’autre choix que de nous y adapter.

Nous ne vivons pas dans une société parfaite, nous avons notre part de pain noir aussi. Mais malgré tout, nous faisons partie des mieux nantis. Et malheureusement, un instinct de survie démesuré, par peur de perdre leur petit confort, en pousse certains à dénaturer les faits et semer la peur ainsi que la haine autour d’eux.

L’ONU a annoncé que d’ici 2050, ce seront plus de 250 000 000 de réfugiés climatiques qui devront migrer, quitter leurs terres, couper leurs racines, simplement par espoir de survie. Qu’on le veuille ou non, la réalité est là et un jour elle frappera à notre porte. Qu’on le veuille ou non, nous n’aurons pas le choix de partager nos terres, notre nourriture, notre eau, notre argent. Et je me demande, il est où le mal dans ça? A-t-on tellement peur d’en manquer qu’on doit laisser les autres à leur propre misère?

Alors que ce soit à cause de guerres, d’espoir d’une vie plus simple et stable ou encore par instinct de survie face aux changements climatiques, les gens migreront de plus en plus. Ils  n’ont pas le choix. Car personne ne veut vivre dans leurs conditions. Personne ici n’accepterait de changer son mode de vie pour le leur. Il me semble qu’il est tout naturel pour eux aussi de vouloir autre chose, de vouloir vivre en sécurité et dans la dignité comme nous (car oui même si on paye comme des malades et que le système nous prend à la gorge, je le répète, on demeure parmi les mieux privilégiés).

Doivent-ils renoncer à ce qu’ils sont pour avoir le droit de survivre? Si d’ici 2050 famines et sécheresses affectent des populations, ces personnes devront-elles sacrifier leur identité en échange d’un refuge?

Et si nous inversions les rôles et que momentanément nous nous retrouvions dans leur situation (corruption mur à mur, pauvreté extrême, dérèglements climatiques, guerres) et que c’était nous qui devions chercher refuge, premièrement serions-nous une menace pour les autres populations, ceux qui nous accueilleraient? Deuxièmement accepterions-nous de renoncer à notre identité, nos valeurs? Ne me sortez pas «À Rome on fait comme les romains» car moi je peux vous dire «Chasse le naturel, il revient au galop».

Comment nous sentirions-nous si nous voyions le monde se soulever de colère à l’idée de nous recueillir et nous aider? Je ne crois pas que nous nous sentirions très bien… Et pourtant, il y a des mouvements qui s’organisent contre l’immigration, contre des engagements humanitaires que nous n’avons humainement pas le choix d’accepter. Et au sein de ces mouvements, il y a tellement de désinformation, du genre qu’après la signature du pacte les frontières n’existeront plus, que les pays ne seront plus souverains. Il y a là une totale incompréhension de la situation. Quand on ne comprend pas quelque chose, c’est déstabilisant. Notre cerveau essaie de remplir les vides et malheureusement, c’est souvent l’imagination qui prend le dessus sur le raisonnement. Et ça donne des tas de désinformation à laquelle je vois de plus en plus de gens adhérer.

J’ai sincèrement hâte de voir le jour (gardons espoir qu’il viendra) où ces gens se réveilleront de leur délire collectif et se rendent compte de combien ils se sont laissés manipuler par de simples peurs irrationnelles.

Nous vivons sur une petite planète, qui n’appartient pas plus à un qu’à l’autre et que nous n’avons pas le choix de partager parce que CHAQUE VIE COMPTE.

Je vous laisse méditer là-dessus…

Paix.

 

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