Journal intime: Le bonheur, ce choix que l’on fait

Je ne saurais dire pourquoi, depuis toujours je me suis attiré les confidences d’autrui. Et pas nécessairement de mes proches. Pour vous donner un exemple, la première fois où j’ai dormi chez une amie du secondaire, j’avais partagé une chambre avec sa sœur que je rencontrais pour la première fois mais qui me confiait qu’elle n’avait pas le même père que son frère et sa sœur et ils l’ignoraient. Un secret que je garderai trois ans avant de m’échapper accidentellement, oubliant momentanément que mon amie ignorait ce que je savais.

Je ne sais pas pourquoi on m’accorde cette confiance mais c’est quelque chose de très précieux pour moi. Je me sens vivante, je me sens utile. Alors peu importe qui, peu importe le moment, si on a besoin de moi et que mon état de santé me le permet, mon oreille et mon cœur sont là.

Bien évidemment je ne vous ferai pas part de toutes ces confidences que je reçois mais je tenais à vous parler d’une chose: le souci qu’ont certain.e.s de préserver les apparences coûte que coûte et qui s’empêchent d’être heureux. Je pourrais prendre plein d’exemples mais je vais être un peu plus précise: le mariage.

Il y a des couples qui ne fonctionnent pas, où les partenaires sont incompatibles de caractère. Il y a d’autres couples où tout simplement au fil du temps, l’amour est mort, devenant inexistant, les conjoints s’éloignant petit à petit, pour devenir de purs inconnus, devenant de plus en plus malheureux et allant parfois même jusqu’à avoir une double vie pour essayer de combler un vide. Ils feront tout pour cacher leurs problèmes, même se mentir à eux-mêmes, pour préserver les apparences, les qu’en dira-t-on. Je ne dis pas que c’est une généralité non, attention, je parle de certains couples, certaines situations.

Il y a des gens qui s’empêchent d’être heureux à cause des possibles rumeurs à la suite d’une séparation. Le jugement, surtout auprès des femmes.

Avant d’aller plus loin je me dois de vous dire ce que mon imam me répète toujours: on ne peut se mettre entre un homme et sa femme, tant que personne n’est en danger on s’entend. On dit aussi que la chose que Dieu a permise et qu’IL déteste le plus, c’est le divorce. Ce qui fait que certains se forcent à rester ensemble.

Bien entendu, Dieu est avec les patients, mais Dieu ne veut pas notre malheur non plus. Et je vois des gens, hommes et femmes, souffrir dans des relations soit mortes soit toxiques, à cause des réactions possibles autour d’eux.

Certains prendront le prétexte des enfants pour ne pas se séparer. Beau mensonge pieux. On se croit sincère quand on décide ça, on s’en convainc. Mais les enfants savent se qu’il se passe, au fond d’eux, ils ressentent les choses. Et ce qu’ils vivent leur sert d’exemple de ce que devrait être la normalité. Mais est-ce normal si papa et maman se crient toujours dessus ou ne se parlent jamais? Quelles balises cela leur donnera?

Il y en a d’autres qui s’obligent à vivre dans le mensonge à cause de la famille, des amis, de la communauté. Il y a carrément des personnes qui vont aller jusqu’à fermer les yeux sur l’infidélité de l’autre et souffrir en silence juste à cause de la pression de l’image et du jugement.

Quand je reçois de telles confidences, mon cœur se serre car je sais que mon rôle premier est d’encourager à la patience, au courage. Car justement, je ne peux me mettre entre deux époux. Et aussi car j’ai cette tendance à me glisser dans la peau de chacun et de souffrir avec eux.

Et ce soir, si je vous écris, c’est pour vous dire que le bonheur, c’est quelque chose qui se choisit. Le bonheur n’est pas quelque chose que l’on attend dans l’espoir qu’un jour il se pointe le bout du nez. Le bonheur, c’est comme un taureau: on doit le prendre par les cornes et ce malgré le risque de prendre une débarque.

Oui, il faut se battre pour son couple. Il faut se rappeler ce qui nous a unis, il faut travailler dur pour se retrouver. Il faut essayer, encore et encore. Mais parfois, il faut aussi se rendre et accepter la réalité: on a atteint le bout du chemin. Ça fait mal, et c’est dur, ça peut faire peur car tout un monde inconnu s’offre à soi. Tant de possibilités sans savoir quoi choisir ni où aller. Parfois c’est la seule solution, malheureusement.

Ce billet, je le dédie à toutes les personnes qui vivent une telle situation. Je pense à vous. J’ai de la peine pour vous. Et je demande à Dieu de vous aider à trouver en vous la force nécessaire pour faire face à ce genre d’épreuve, quelle qu’en soit l’issue.

Je tiens à insister pour vous dire que je ne prône pas ici le fait de baisser les bras et d’abandonner. Plutôt de se choisir quand plus aucun autre choix n’est possible. Affrontez votre taureau, agrippez-vous à votre bonheur.

Paix et amour.

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