Le projet de loi 21 a brisé le coeur de mon fils

La loi 21 n’est encore qu’au stade de projet que déjà elle fait des ravages. Je vous explique.

Ayoub, mon fils de six ans fréquente une maternelle dans le quartier Rosemont, à Montréal. Ayoub aime aller à l’école, il s’est facilement intégré à sa classe et ses petits camarades. Et Ayoub adore madame Farida, son institutrice qui lui apprend tellement de choses que chaque jour quand je vais le chercher à l’école c’est un fils allumé aux yeux brillants de curiosité que je trouve.

Mais voilà que depuis le dépôt du projet de loi sur la laïcité, le cœur de mon fils ne baigne plus dans la joie et ses petits yeux expriment tellement d’inquiétude. Il est rentré, jeudi dernier en larmes à la maison parce qu’il ne comprenait pas pourquoi madame Farida allait devoir quitter sa classe pour tenter sa chance au privé.

C’est que voyez-vous, en tant que femme portant le voile, madame Farida n’aura un droit-acquis que très limité. Les enseignants portant un symbole religieux n’auront plus droit à l’avancement puisqu’un changement de poste leur ferait perdre leur droit acquis. Alors si madame Farida décide de demeurer dans une école publique, elle devra se contenter de sa classe de maternelle et ne pourra jamais postuler pour un autre poste si l’envie lui prenait.

Donc par mesure de s’assurer un avenir plus flexible disons-le ainsi, madame Farida s’est sentie obligée de prendre une bouleversante décision. Qui aura tout un impact sur ses petits élèves.

Mon cœur de mère souffre de voir mon petit bonhomme si triste et bouleversé par ces histoires de grands qui ne devraient pas l’affecter parce que justement ce sont des histoires de grands. Mais Ayoub aime madame Farida, SA madame Farida. Qu’est-ce que je peux dire ou faire, en tant que mère pour apaiser mon fils? Il est si petit et il vit déjà un grand stress, je me demande si François Legault a pensé à cela avant de faire rédiger ce projet de loi, à la peine qu’il allait faire à mon fils et combien d’autres enfants, sans parler des femmes qui seront affectées par cette loi discriminatoire.

Portant moi-même le hijab, je peux aussi facilement me mettre à la place de madame Farida. Déjà que l’on doit vivre avec le poids des regards et des jugements silencieux, allant parfois jusqu’à nous faire sentir comme des indésirables, ajouter à cela l’immense poids de tout ce que représente ce projet de loi, aujourd’hui je ne peux que joindre ma tristesse à celle de mon fils face à la dérape monumentale qu’est ce projet liberticide.

Manel

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